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Laissant autant d’aigreur que d’impression de gâchis, le verdict du procès intenté par Pierre Perret au Nouvel Observateur est tombé le 13 mai 2011, écoutez la réaction de ce dernier (par téléphone) au micro de RTL.

A moins d’arriver de Saturne, vous n’êtes pas sans savoir que le printemps 2011 a débuté avec deux jours d’audience au Tribunal de Grande Instance de Paris (22 et 23 mars) avec, pour la partie civile, Pierre Perret, et, pour la partie adverse, l’hebdomadaire le Nouvel Observateur.

Tant que l’instruction était en cours, Pierre Perret ne pouvait se prononcer. Aujourd’hui, le jugement a été rendu en sa faveur, mais, ce procès aura coûté beaucoup d’énergie, de nuits blanches, et, pourri la vie de Pierre et Rebecca, son épouse.pierre_perret_tribunal_interview

La défense de Pierre Perret était assurée par Me Cristiani, Me Szpiner et Me Martinet de Douhet.

Petit retour en arrière : tout a débuté en décembre 2008 lorsque Sophie Delassein ouvre son blog avec un papier sur le livre de Pierre Perret A cappella.
A la suite de cet article, elle reçut un appel de Guy Béart qui lui pointa un certain nombre d’erreurs qu’il proposa de relever page par page.
Elle a alors expliqué cela à son rédacteur en chef qui a trouvé intéressant de lancer une enquête littéraire et la suite parut en janvier 2009 dans un article assassin à l’encontre de Pierre Perret : “Perret et le pot-aux-roses”.

Pour ceux qui n’ont pas suivi “l’affaire”, voici la retranscription des faits de la procédure:

Les propos incriminés dans l’article du Nouvel Observateur (lus à l’ouverture de l’audience le 22 mars 2011) :

  • “Pierre Perret persiste à parler de son “ami” Paul Léautaud. Problème: il ne l’a jamais rencontré. Et ce n’est pas son seul mensonge.”
  • “Dans son nouveau livre, A cappella, le rigolo Pierre Perret, 74 ans, apparaît sous un jour nouveau, à la fois amer et menteur.”
  • “La scène qu’il rapporte aurait eu lieu aux Trois Baudets (…) Faux”
  • “quand Perret entend Fallet réciter du Léautaud de mémoire, il surenchérit : lui, il connaît personnellement le “sauvage” de Fontenay-aux-Roses. Brassens l’écoute poliment raconter qu’il a fait découvrir “le Parapluie” et “le Gorille” à l’écrivain, qui, écrit-il, aurait apprécié “l’originalité, l’humour, la causticité et la forme poétique”. Problème : Perret n’a jamais rencontré Léautaud. Le petit mensonge va devenir une grosse imposture, et Perret ira jusqu’à écrire “Adieu monsieur Léautaud” (1972) “La réplique va contraindre le faussaire à plus de modération” “Pour dresser le portrait de Léautaud, Perret a puisé dans le Journal de l’écrivain et les entretiens de ce dernier avec Robert Mallet, parus en 1951.”
  • “Perret enrage d’avoir toujours été considéré comme une pâle copie de Brassens qu’il ne cesse pourtant de piller par ailleurs. Après l’échec de l’album “Mélangez-vous”, Perret, en mal d’inspiration, reprend à son compte le projet que le Sétois n’a pas eu le temps de réaliser. “Trois ans avant sa mort, confie Mario Poletti, Georges projetait d’enregistrer un disque de chansons de salles de garde.” En 2007, Perret sort “le Plaisir des Dieux” où il annonce un prétendu inédit de Brassens, “le Petit-Fils d’Oedipe”. Faux. “Ce texte avait été mis en musique et enregistré par Jacques Munoz en 2001, explique Pierre Schuller, président de l’association Auprès de mon arbre.”
  • “Et ça continue avec “les Dieux paillards” (2008), où Perret recycle sans vergogne “le Grand Vicaire”, une chanson traditionnelle que Brassens avait coupée et adaptée en citant sa source, dont Perret a reproduit la structure et vendu sans citer aucune des versions précédentes.”
  • “Perret “s’inspirera” aussi d’un poète disparu pour écrire “Blanche”. Cette femme dont “les cuisses fuyaient comme deux truites vives” rappelle furieusement “la Femme adultère” de Garcia Lorca, dont les “cuisses s’enfuyaient sous moi comme des truites effrayées”. Un bouquiniste chez qui Perret se fournit en auteurs grivois raconte “qu’il est friand des auteurs méconnus du XVIIIe. Il me demande toujours à combien d’exemplaires les recueils ont été tirés. Au bout d’un moment, j’ai compris pourquoi: il les pillait et avait peur que ça se sache”. Ainsi a-t-il puisé dans Alphonse Momas ou Mercier de Compiègne”.

Puis vint la lecture du droit de réponse de Pierre Perret (publié le 2 février 2009 dans le JDD et ensuite le 13 février dans le NO) :

Vous avouerez tout de même une chose, ma chère petite journaliste, qui m’avez préparé ce poulet à propos de mon livre, A cappella, vous avouerez, j’espère, qu’il est plutôt extraordinaire qu’un “faussaire” de ma trempe – je vous cite – ait réussi à remplir des salles, – tout seul comme un grand – en n’étant, je vous re-cite, qu’une “pâle copie de Brassens”, un menteur de surcroît et un “gros imposteur”. Cela n’est guère gentil pour les millions de “crétins” qui, depuis tout ce temps, sont venus m’écouter dans une salle, ont acheté un livre, un disque ou leur ticket d’entrée dans un théâtre pour venir entendre le “rigolo Pierre Perret” sans s’apercevoir de cette immonde supercherie.

Je suis impatient d’apprendre comme vous allez démontrer – et prouver – que “je n’ai jamais rencontré Léautaud”, que je n’ai jamais cessé de “piller Brassens” avec les “chansons de corps de garde” que j’ai enregistrées. La seule chanson que Georges ait adaptée (pour les paroles) est, à ma connaissance, Le Petit-Fils d’Oedipe, que j’ai enregistrée après que son neveu Serge Cazzani m’eut obligeamment autorisé.

Vous citez un ancien chroniqueur du journal L’Aurore à qui j’aurais déclaré, vers les années 1970, que je préparais un livre très documenté sur Léautaud. Lequel, d’après mes dires, m’aurait, trois années durant, hébergé et donné en héritage une partie de sa correspondance avec “les grands du monde de la littérature”. Lorsque l’on connaît Léautaud, tel que je l’ai connu, peut-on imaginer une telle aberration? Hormis ses chats, ce dernier n’a jamais “hébergé” qui que ce soit, même pas ses maîtresses – même pas Marie Dormoy! Je l’ai vu, en revanche, brûler sans vergogne dans son jardin une partie de cette correspondance et même des brouillons de son journal par une belle après-midi ensoleillée d’où cette pauvre Marie Dormoy était absente.

J’étais de plus “amoureux de Georges” paraît-il. Allons bon ! Me voici homo à présent ! Et c’est Püpchen qui aurait dit cela à M. Sermonte, le président des Amis de Georges ? Pauvre Püpchen, aujourd’hui disparue… On peut effectivement lui faire dire tout ce qu’on veut. Je ne suis pas sûr que Georges ait mérité de tels amis. Qui gardera les gardiens du temple (Brassens)?

Enfants qui depuis tant d’années chantez mes chansons dans les écoles, enseignants, parents qui avez choisi que vos enfants apprennent la vie, sa beauté et ses vicissitudes dans les écoles qui portent mon nom (plus d’une vingtaine aujourd’hui), restez fiers de cela malgré toutes les ignominies proférées à mon égard. Vous apprendrez qu’il est très difficile de traverser la vie heureux, sans déclencher la haine de ceux à qui vous n’avez rien demandé. On ne vous pardonnera jamais de creuser votre sillon tout seul sans jamais appeler au secours.

Oui, je suis friand de littérature, oui, j’ai lu des livres tout au long de ma vie et je continue, oui, je veux bien rencontrer votre ami “le bouquiniste” et qu’il me dise en face et nommément quels sont les noms des “auteurs que j’ai pillés en ayant peur que ça se sache”.

Oui, j’ai écrit effectivement à Georges, dans les années 1960, pour lui demander, après avoir envisagé d’acquérir un petit terrain à bâtir, de me prêter quelques sous, car, lui écrivais-je, “si tu peux m’avancer du pèze, il m’en restera moins à trouver sur ces foutus cinq cents mille balles” (qui étaient le prix de ce lopin). Non, cela n’était pas une “somme colossale” que je réclamais, mais seulement quelques sous. Moi, je sortais du sana. Le maître avait assurément d’autres chats à fouetter car il n’a jamais répondu à ma requête.

Oui, c’est bien inconsciemment que je me suis inspiré du vers de Garcia Lorca à propos de l’image des “cuisses qui fuyaient comme deux truites vives” au lieu de “qui s’enfuyaient sous moi comme des truites effrayées”, dans son poème La Femme adultère. C’est moi-même qui dénonce dans mon livre ce “monstrueux plagiat”.

Non, je n’ai pas enregistré récemment la chanson Le Grand Vicaire que Brassens avait “coupée et adaptée”. Je n’ai enregistré que la version traditionnelle, adaptée par moi. Lorsque l’on écrit à la légère de si lourdes accusations, il faut s’apprêter à “rendre des comptes”. Il vous faudra bientôt justifier point par point toutes ces insanités tenues à mon propos.

Ma chère petite journaliste, pourquoi ces insultes, ces propos diffamatoires, ces mensonges? Cela vous était-il nécessaire pour exister ? Sachez que le journalisme est un métier sérieux et qu’il faut donc le faire sérieusement. Je suis étonné que le magazine qui a imprimé cela, après les dérapages et les démentis avec lesquels il s’est illustré récemment de façon peu glorieuse, ait accepté de publier derechef un tel article sans vérifier la réalité des faits énoncés comme vrais. Je le répète, il va bien vous falloir maintenant prouver point par point vos allégations. Rude tâche qui vous attend.

Vous prétendez que ces assertions sont le fruit de ce que vous appelez pompeusement “une enquête”. A mon avis, vous n’êtes pas près de devenir commissaire de police ! Au contraire de vos dires, je n’ai jamais “attaqué”, ni “démoli” Brassens. Dans A cappella, j’ai simplement dit la vérité. J’ai en revanche crié merci à tous ceux qui m’ont aidé sur ma route. Lucien Morisse en tête, ainsi que tous ceux qui sont venus chanter pour moi à l’Olympia et qui m’ont en quelque sorte sauvé la vie. Georges, que j’avais pris pour un ami, n’était pas de ceux-là. Est-ce outrageant que de l’avoir dit? Oui, Georges m’a fait envoyer un billet par ce brave Pierre Onténiente qui, en me voyant, était très inquiet pour ma santé. Mais pas une ligne de sa part n’accompagnait son billet. Je suis ingrat, direz-vous? Je ne crois pas. Ce qui est sûr, c’est que j’étais déçu, voilà la vérité. J’aime profondément et depuis toujours ce qu’a écrit Georges. Je ne l’ai jamais pillé: je suis un homme honnête et j’ai toujours bu dans ma tasse. Le public le sait, qui m’est fidèle depuis le début, quoi que vous écriviez, ma toujours chère petite journaliste, vous n’abuserez pas de la crédulité d’un fidèle public qui sait quoi penser des pourvoyeurs de calomnies.

En conclusion, vous m’avez, dans votre petit poulet, traité “de menteur, faussaire, imposteur, pillard d’oeuvres” en brandissant même un “détail qui va totalement discréditer le chanteur” et l’homme que je suis! Je sens que cela vous rendrait heureuse si vous parveniez à “discréditer le chanteur” et l’homme. Eh bien, je ne vous laisserai pas ce plaisir… Je me ferai une joie, en revanche, d’en référer à une mignonne dont j’ai vanté maintes fois les vertus dans mes couplets et défendu la cause bec et ongles contre ceux qui bafouent la vérité, l’honneur, la dignité, elle s’appelle la Justice.

Vous avez cru bon de terminer sur une citation de Léautaud, il est dommage que vous ne l’ayez pas plutôt méditée avant d’écrire votre article.

Pierre Perret

PS : Vous écrivez n’avoir pu me rencontrer du fait de mon refus. Mensonge: vous avez contacté mon attaché de presse, le 14 janvier 2009 qui, du fait de mon indisponibilité (rendez-vous professionnels à honorer, puis départ en vacances hors de France le samedi 17 janvier 2009), vous a proposé de nous voir à mon retour, c’est-à-dire après le 18 février 2009 ! Écrivant une charge aussi grave à mon encontre, il eut été honnête, loyal et déontologique de votre part d’attendre mon retour.

Le ton était donné, et, en parlant de ton, ne sera retranscrite ici que la déposition de Delfeil de Ton, qui contribua à confirmer l’absurdité de la situation. Installez-vous confortablement, vous n’en croirez pas vos mirettes.

C’est ce que l’on appelle un “coup” d’audience. Un de ces épisodes qui enchantent la mémoire du palais et dont on devine déjà qu’il se racontera et se racontera encore, embelli, enrichi, enjolivé. On le doit à Me Francis Szpiner.

Delfeil de Ton est, avec ses “lundis”, l’un des chroniqueurs les plus anciens et les plus renommés du Nouvel Observateur. L’écrivain et journaliste est venu déposer, mercredi 23 mars, devant la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, à la demande de la défense de sa consoeur, Sophie Delassein, poursuivie en diffamation par le chanteur Pierre Perret.

Il est le dernier témoin à se présenter à la barre. Membre de l’association des Amis de Paul Léautaud, figure intellectuelle réputée, il lui revient de mettre en doute la version du chanteur sur la réalité des relations qu’il dit avoir entretenues avec le célèbre écrivain misanthrope.

Face au tribunal, Delfeil de Ton, de son vrai nom Henri Roussel, se montre drôle et détendu. Il conte le Paris du milieu des années 50 qu’il a connu étudiant, son Quartier latin parsemé de bouquinistes. Il parle de Léautaud, de la connaissance aiguë qu’il a de son oeuvre et de la vie du personnage. Et il en vient à l’objet de ce procès.

Tout, dit-il, dans ce que Pierre Perret raconte de ses rencontres avec Léautaud est “invraisemblable”.

“Invraisemblable”, cette promenade du chanteur, boulevard Saint-Michel en compagnie de l’écrivain.

– Perret dit qu’ils vont chez Gibert Jeune pour acheter des livres. Mais si Paul Léautaud avait dû acheter des livres, il serait allé chez les bouquinistes de la rue de Médicis ou de la rue de Tournon. Jamais chez Gibert!

A son banc, Me Szpiner esquisse un sourire.

Encore plus “invraisemblable”, selon Delfeil de Ton, ce récit de Pierre Perret mettant en scène un Léautaud découvrant Line Renaud à Bobino ou écoutant le jeune homme lui chanter le Gorille ou La mauvaise réputation de Georges Brassens. Tellement “invraisemblable” qu’il en rit au micro.

Me Szpiner feint la fatigue et ferme les yeux.

Delfeil de Ton poursuit son réquisitoire. Il assure tranquillement que dès la première lecture du livre de Pierre Perret consacré à Paul Léautaud – Adieu monsieur Léautaud – il a ressenti “un malaise, une gêne”.

– Dans ce livre, explique le journaliste, on n’apprend rien sur Léautaud qui n’ait déjà été raconté ailleurs. C’est simple, chez tous ceux qui connaissent bien Léautaud, pas un ne croit à ces rencontres avec Perret!

Me Szpiner sourit, encore une fois.

Et puis, vient le coup de grâce. Delfeil de Ton s’en prend à Gallimard, qui a osé commettre le crime d’évacuer, pour des raisons mercantiles, le lettré Pascal Pia de la préface des Choix de pages du Journal littéraire de Paul Léautaud afin de la confier à Pierre Perret.

– Passer de Pascal Pia à Pierre Perret! se lamente Delfeil de Ton.

A son banc, Me Szpiner pose un regard gourmand sur celui qui accable autant son client. Le président se tourne vers lui.

– Maître, vous avez la parole, pour interroger le témoin.

Me Szpiner ouvre une mince chemise, en extrait une feuille imprimée, lit, doucement, d’un ton neutre, un article de journal:

– “Perret avait 20 ans. Il arrivait de sa province pour faire son service militaire à Paris. L’admiration le poussait. Il s’est présenté, “le 26 août 1954 exactement” chez Paul Léautaud. Lequel, alors âgé de 82 ans et célèbre depuis peu (…) le reçut une fois, deux fois, une dizaine de fois, l’accompagne dans les librairies du Quartier latin pour lui procurer les livres qu’il devait connaître.

Dans Adieu monsieur Léautaud, que réédite Lattès, Pierre Perret raconte comment il chantait à Léautaud, qui ne le connaissait pas, le répertoire de Brassens et comment, en retour, Léautaud lui récitait du Francis Jammes.

L’avocat poursuit sa lecture. L’auteur y reprend sans distance aucune l’anecdote de Léautaud sortant de Bobino où il a entendu chanter Line Renaud. Puis il chute son papier sur cette simple phrase: “Pierre Perret passe à l’Olympia du 9 décembre au 4 janvier.”

Me Szpiner se tait. A la barre, Delfeil de Ton se tourne vers lui et lui demande:

– Qui a écrit ça?

On perçoit la pointe de mépris dans le “ça”.

Me Szpiner :

– Delfeil de Ton.

– Qui???

– Delfeil de Ton.

L’avocat tend au journaliste la copie de la page du Nouvel observateur, consacrée aux “lundis” de Delfeil de Ton et datée de 1986 dont il vient de faire la lecture. Le journaliste retourne le papier en tout sens. Beau joueur, il sourit.

– Je ne m’en souviens pas. Vraiment, je ne m’en souviens pas. Si je m’en étais souvenu, je ne serais pas venu faire le cornichon ici !

Le président suspend quelques minutes l’audience…pierre_perret_me_szpiner_tribunal_paris

VERDICT :

La 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné, le 13 mai, l’hebdomadaire pour «diffamation publique envers un particulier».
Elle a considéré que tant sur les accusations d’imposture (la rencontre Pierre Perret/Paul Léautaud), que sur celles de pillage de l’oeuvre de Georges Brassens ou encore de plagiat, Sophie Delassein, journaliste du Nouvel Observateur , avait « dressé un réquisitoire d’une singulière violence », portée par une « coalition de susceptibilités à la tonalité quelquefois vengeresse » (allusion transparente aux déclarations de Guy Béart, véritable initiateur de l’article, Pascal Thomas ou certains « amis » de Georges Brassens).
Et de conclure en des termes particulièrement sévères :

«En procédant de la sorte, Sophie Delassein, loin de l’étude littéraire dont elle se prévaut, paraît bien davantage s’être appliquée à dresser un réquisitoire d’une singulière violence, insoucieuse du contradictoire, portée par une coalition d’intérêts dont elle s’est fait imprudemment le porte-parole, à seule fin d’abattre, non sans une âcre jubilation dont témoignent le style et le registre du vocabulaire, la réputation d’un homme tenu pour aimable et jusqu’alors respecté qu’elle n’a pas même eu à coeur de contacter utilement, alors qu’elle ne pouvait ignorer qu’elle le touchait au plus sensible».

Liens :

Pour terminer, un extrait de l’interview réalisée par Michel Polac le 23 janvier 1969 dans laquelle Pierre Perret raconte une visite chez LEAUTAUD, les petits cadeaux qu’il lui faisait (livres, cigarettes), sa notoriété dans la rue, son accoutrement…il explique comment lui est venu cette passion pour le personnage de LEAUTAUD et comment il a décidé d’aller le voir à Fontenay, puis les visites en sa compagnie chez les libraires ou il marchandait le prix des livres… (Ina)